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Transhumance et berger : les agneaux des Pyrénées

La transhumance, mot magique, sous-tend nomadisme et poétisme. Mais qu'en est-il en réalité ?

Traditionnellement, les exploitations au pied de la chaîne des Pyrénées sont petites (en moyenne 8 hectares en 1980, une vingtaine à l’heure actuelle), les éleveurs, propriétaires des bêtes avaient besoin de temps libre pour la fenaison, d’où l’idée très ancienne (les premiers textes datent du Moyen-Âge) de confier les bêtes à des bergers qui prendraient la responsabilité du troupeau collectif pendant le mois d’été. D’autant plus que l’herbe se trouve meilleure, plus tendre en altitude pendant la saison chaude.
 
Depuis un siècle les choses se sont précipitées, l’industrialisation de la société, le productivisme de l’après guerre, voire la mondialisation qui fait entrer en France des agneaux des antipodes (Nouvelle-Zélande, Australie) à des prix défiant toute concurrence, a fortement ébranlé un système pastoral qui était resté pratiquement inchangé depuis des millénaires.
 

La nécessité d'écoles de formations

Actuellement, on assiste à l’émergence d’une nouvelle catégorie de bergers/vachers, pas forcément ou pas directement issus du monde agricole, mais de plus en plus des ouvrier(e)s/salarié(e)s au service d’éleveurs regroupés en groupement pastoral, avec des demandes pas uniquement liées à la production d’agneaux, ou l’entretien d’un cheptel mais aussi avec des préoccupations environnementales de plus en plus émergentes.
 
D’où la nécessité d’écoles de formations (Etcherry Lannemezan ou CFPPA Ariège/association des Pâtres, plus un projet Aude/PO), de formation permanente pour les bergers/vachers en exercice.
 

Il s'agit d'un métier...

En Pyrénées Centrales, le système perdure tant bien que mal, même si 45% des estives n’ont pas de gardiennage permanent. On assiste à un développement, un accroissement de la profession de bergers/vachers, à une reconnaissance du métier (même si les statuts et contrats de travail laisse encore à désirer !) face à des éleveurs qui prennent de plus en plus conscience de la nécessité de « faire garder » leurs animaux.
 
Le Pâtre doit non seulement garder ses bêtes (brebis, vaches, et/ou chevaux), mais aussi entretenir un secteur, un lieu, voir même à tenter de le faire fructifier en terme de valeur pastorale, et tout ceci (nouvelle démarche de la société, mais qui répond souvent à une motivation de la nouvelle génération des bergers/vachers) en harmonie avec la faune et la flore, protégée ou pas, qui l’entoure.
 
En résumé, selon B. Moser, responsable syndical à la tête de DIE « Il s’agit d’un métier qui cumule une responsabilité de banquier, des horaires de chirurgien de garde avec un salaire d’ouvrier à peine spécialisé. »
 
Pour en savoir plus : Fédération pastorale d’Ariège ou Association des Pâtres.
 
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